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Le Bruno Manser Fonds gagne devant les tribunaux

11.02.2019
Le Bruno Manser Fonds gagne devant les tribunaux


Le tribunal civil de Bâle-ville rejette intégralement la demande de l’entrepreneuse canado-malaisienne Jamilah Taib Murray


Le Bruno Manser Fonds a gagné une bataille importante devant le tribunal civil de Bâle-ville. Dans sa décision du 8 février 2019, le tribunal rejette une requête en mesures provisionnelles déposée par l’entrepreneuse canado-malaisienne Jamilah Taib Murray, son époux Sean Murray, de même que les deux entreprises du groupe canadien Sakto contrôlées par le couple Taib Murray.

Les plaignants voulaient interdire par provision la diffusion des affirmations suivantes:

"a. Le modèle d’affaires des plaignants serait basé sur la corruption, ou en serait constitué
b. Les plaignants appartiennent à la mafia du bois tropical et/ou à une organisation criminelle
c. Les plaignants réaliseraient du blanchiment d’argent
d. Les plaignants seraient des «auxiliaires de Taib»
e. Les plaignants posséderaient et/ou laveraient des fonds de dirigeants
f. Les plaignants appartiendraient au clan Taib
g. Les plaignants auraient volé de l’argent au peuple du Sarawak."

Outre différents rapports d’enquête publiés sur internet, l’interdiction par provision aurait touché en particulier le livre «Raubzug auf dem Regenwald» de Lukas Straumann, directeur du Bruno Manser Fonds.

Le tribunal est arrivé à la conclusion que les griefs du Bruno Manser Fonds leur étaient connus depuis 2009 et qu’ils n’avaient rien entrepris à cet effet jusqu’en août 2018. Au vu de l’absence d’urgence, il n’y aurait donc pas prétention à un droit de bénéficier de mesures provisionnelles.

Les recherches du Bruno Manser Fonds dans le cadre des affaires de l’héritière Taib et de son époux ont permis de mettre au jour que ceux-ci contrôlent au Canada, en Australie, en Malaisie et dans d’autres États, une capitalisation immobilière dépassant 250 millions de francs.

Le Bruno Manser Fonds a en particulier pu montrer qu’en dépit du fait que le groupe immobilier Sakto mis en place par Jamilah Taib Murray et son époux avait inscrit des chiffres rouges durant les dix premières années, il avait pu devenir l’une des plus grandes entreprises immobilières de la capitale canadienne Ottawa, grâce à des apports réguliers de membres de la famille Taib.

Jamilah Taib Murray est la fille d’Abdul Taib Mahmud (dit «Taib»), gouverneur et précédemment chef durant de longues années du gouvernement de l’État malaisien du Sarawak. Durant la période où Taib était au pouvoir, la majeure partie du Sarawak a été défrichée. Dans une action spectaculaire menée en 1999, Bruno Manser faisait un saut en deltaplane au-dessus de la résidence de Taib, afin d’inciter ce dernier à faire un changement dans sa politique destructrice.

«Cette décision nous motive à continuer à nous engager contre la corruption et le blanchiment d’argent des dirigeants malaisiens. Les défrichages de la forêt pluviale ne pourront cesser que lorsque la corruption politique qui y est liée sera aussi sanctionnée», expliquait Lukas Straumann, directeur du Bruno Manser Fonds.

Le Bruno Manser Fonds était représenté par le juriste zurichois spécialiste des médias Christoph Born et la juriste en droit pénal bâloise Monika Roth. Les plaignants étaient pour leur part représentés par l’étude Vischer.



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